Et si on s’autorisait à ralentir ?

Et si on s’autorisait à ralentir ?

Nos vies sont souvent trépidantes, chargées de stress et de sollicitations, sans temps morts. Les vacances sont l’occasion de couper avec ce mode de vie et de prendre le temps de savourer l’instant.

« Si tu ne trouves pas le calme, ici et maintenant, tu le trouveras où et tu le trouveras quand ? » Maître Dôgen, moine bouddhiste japonais.

La « Slow Life » nous invite à retrouver une nouvelle forme de lenteur face à l’accélération vertigineuse de notre rythme de vie. Et si nous la démarrions par des « Slows vacances » ?

On attend avec impatience les vacances souvent toute l’année… Libéré.e.s des contraintes du quotidien, nous avons envie d’en profiter au maximum, sans perdre de temps. Et si pour en profiter pleinement, il suffisait tout simplement de ralentir ?

En quoi aller vite et enchainer les activités peut-il être un souci ?

Un agenda surchargé, une vie sous pression

Nos vies s’accélèrent. Il y a longtemps, on ne cherchait qu’à remplir les besoins de base comme manger, dormir, avoir un toit, travailler… avec finalement peu de choix à faire pour remplir ses journées. On pouvait rester 30 ans dans la même entreprise par exemple, sans se poser de questions.

Aujourd’hui, nous sommes sur-sollicités : au travail, en famille, par les emails, les réseaux sociaux, les messages et appels sur nos portables…. Il n’y a pas de répit. C’est ainsi qu’a été inventé le syndrome FOMO, « Fear Of Missing Out », la peur de rater quelque chose. Le nombre de possibilités est démultiplié pour organiser nos journées. Nous essayons de tout mener de front. Il nous faut faire davantage de choix, même s’ils portent sur des sujets moins essentiels.

Derrière cette vie hyper active, se trouve parfois l’angoisse du devoir. Devoir faire bien, devoir faire vite, devoir réussir, devoir tout faire, devoir être performant ou rentable. Mais aussi se cache aussi parfois du « tu peux mieux faire », « tu dois être parfait.e », de la compétition, des comparaisons…

Nous sommes nombreux à essayer de tout caser dans notre agenda, de le remplir au maximum, de l’optimiser pour ne pas passer une minute à ne rien faire… Mais c’est souvent impossible de tout faire ! Les activités et occupations sont faites sous la pression du temps. En ayant cette pression du temps, celles qui auraient pu être agréables, sont parfois faites de façon mécanique.  Faites pour être faites, pour cocher la case.

Un corps en alerte en permanence

Tous nos moyens de communication (téléphone portable, sms, mails pro, mails perso, messenger, facebook, Instagram, snapchat, linkedin….et beaucoup d’autres !) nous sur-sollicitent… Et nos interlocuteurs/trices attendent que nous réagissions tout de suite. C’est le règne de l’immédiateté.

Sans compter, les autres sollicitations : bruits, transports, problèmes de la vie courante, petits aléas de la vie ou grandes épreuves…

Débordés par notre vie, nous n’écoutons plus notre corps qui a pourtant besoin de pauses et de sommeil. Cela peut amener à une fatigue intense, à des difficultés de concentration, des agacements permanents et des problèmes relationnels, voire même au burn out. Nous ne supportons plus rien, nous sommes sensibles à tout.

Pourquoi ralentir peut faire du bien ?

Pourtant physiologiquement et mentalement, s’arrêter est une nécessité pour notre santé.

Ralentir, quitter ces tensions, peut procurer un profond soulagement, de se retrouver, se recentrer, se rappeler qui on est pour de vrai en dehors de cette dynamique infernale.

En ralentissant, la sensation d’urgence se transforme en plaisir.

Néanmoins, cette déconnexion ne doit pas devenir un impératif à remplir à tout prix. Il ne s’agit pas de remplacer une pression par une autre. Le risque, c’est de surinvestir ces quelques semaines, de vouloir faire tout ce qu’on ne peut pas faire au quotidien, d’en attendre trop… et d’être déçu.e !

Il s’agit de trouver un juste milieu, de se rappeler qu’en vacances nous avons besoin avant tout d’être tranquille, de recharger les batteries.

Et pourtant, on a du mal à accepter de ralentir, à prendre du temps pour soi

On s’imagine que prendre du temps pour soi, ce serait être actif

Une croyance populaire est que s’arrêter, ce serait être paresseux. Ne dit-on pas que l’oisiveté est mère de tous les vices ? La culture nous a conditionnés à refuser les temps morts.

Mais aussi se donner du temps serait de l’égoïsme. Mais comment peut-on se tourner vers les autres si nous n’allons pas bien nous-mêmes ? Cela a pour conséquences, des conflits, des agacements, de la violence psychologiques… voire de la violence physique. Les relations en pâtissent fortement.

Etre actif en permanence nous permet d’éviter de nous sentir vulnérable

Nous avons souvent assimilé la lenteur à la passivité. Elle nous renvoie à notre condition d’Etre vulnérable, mortel. Cela peut être perçu comme une faiblesse, comme une personne impuissante… et c’est insupportable pour certain.e.s.

La vitesse nous donne l’illusion d’avoir du pouvoir, de nous sentir puissant.e.s. Elle favorise notre narcissisme : nous nous sentons bons, performants, efficaces. La preuve de notre valeur…. Pour nous même mais aussi pour les gens qui nous entourent.

Eviter le vide, c’est éviter de se confronter à soi-même

Surcharger son agenda par des actions et des projets, c’est se tourner vers des éléments extérieurs à nous, c’est un moyen de ne pas prendre de recul, de ne pas regarder sa vie en face, de ne pas se regarder soi-même, de nier ses soucis.  

Or ces creux et ces vides nous amènent à nous retrouver face à nous-mêmes, à nos émotions. Et ce n’est pas forcément facile ni agréable.

Les vacances nous privent de cette protection. C’est pourquoi certains.e.s remplissent leurs vacances de la même façon que leur agenda du quotidien. Une fuite en avant.

Alors, envie de ralentir ?

« Ce que le vulgaire appelle du temps perdu est bien souvent du temps gagné » Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique

Le prochain article à paraitre est : « Comment ralentir, quelques pistes » ?

Source : Psychologies magazine

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